Mes sculptures sont un prolongement de mon travail d’illustration en 2 dimensions.
Avec la 3 dimension, il m’est possible d’apporter des réponses différentes
et avec une autre tonalité.
Table
Dans ce travail j’ai réfléchi à un objet domestique qui symboliserait le mieux
les discordes familiales. Je me suis intéressée au repas pris ensemble comme révélateur
des tensions qui peuvent exister au sein du foyer. Cette table instable est une métaphore
de l’harmonie précaire qui existe entre les membres du foyer. Un sujet qui fâche peut
tout faire basculer. La table nous révèle sa véritable fonction. Elle nous raconte la charge émotionnelle qu’elle porte chaque jour. Le moment du repas pris en famille est véritablement
le témoin de la bonne ou de la mauvaise entente des membres, si quelque-chose ne va pas
on le vérifie toujours à ce moment là. Le repas est un tribunal virtuel. Pour ne pas briser
l’équilibre précaire qui existe il faut toujours faire attention aux sujets que l’on aborde.
Mon article dans la revue Etapes >>>
Bocal en forme de maison
Cette sculpture est une métaphore de l’évolution possible au sein du foyer !
Deux gros poissons suivis de trois petits forment une famille traditionnelle avec les parents
et les trois enfants.

Rideau de néons
Ce rideau en néons est une façon d’attirer
l’attention à l’extérieur de la maison sur ce qu’il s’y passe de grave. Il relie la sphère individuelle à la sphère collective. Ce clignotement rouge, loin des guirlandes de Noël est inquiétant comme une sirène de pompier, il invite les gens de l’extérieur à nous venir en aide. Cette idée j’aimerais la réaliser sous la forme d’une véritable installation avec un véritable rideau rouge en néons et une fenêtre qui
feindrait d’ouvrir sur l’extérieur (avec une image de paysage urbain). (Projet mis en ligne sur www.virtual-residency.net)

Papier-peint
Dans ce travail j’ai réfléchi à la meilleure façon de représenter l’attachement
très (trop !) fort qui peut exister entre les choses que l’on possède et nous-mêmes.
Ce papier-peint est une métaphore de l’appartenance mutuelle qui existe entre nos objets
et nous-mêmes. Un jeu de cache-cache entre des silhouettes de familles et des motifs floraux se devine lorsqu’on le regarde attentivement. Le papier-peint nous révèle le rapport sentimental que ses propriétaires entretiennent avec lui. Les choses que nous possédons nous habitent autant que nous
les habitons. Désirer des objets très fortement en faisant tout pour se donner les moyens
de se les offrir peut s’apparenter au désir que l’on ressent pour une personne.
Parfois le rapport sentimental avec les objets que l’on possède passe avant
le rapport fonctionnel que nous devrions leur porter.

Photos de familles nues
Les familles sont normalement au nombre de six, seules les familles
qui m’y ont autorisées sont montrées ici.
Dans ce travail j’ai réfléchi à la création d’un espace qui serait réellement un espace commun,
qui ne le serait pas juste traditionnellement. Comment transformer un salon ou une cuisine
qui ont une fonction communautaire en un véritable espace qui serait la propriété commune ?
La nudité participe du privé. Par une nudité commune, ils marquent un territoire commun.
Habituellement la nudité marque la propriété privée, ici elle marque la propriété commune.
Les gens sont nus donc la pièce qu’ils occupent devient le territoire de chacun.
Ils marquent leur territoire commun en se mettant tous nus dans la même pièce.
Ils vivent ensemble. Partage de nudité=partage d’espace. En convoquant la nudité là où elle n’est pas traditionnellement je transforme
du même coup l’espace qui accueille. Sur des images banales d’apparence, avec des familles
réunies et disposées dans une scénographie banale, domestique on découvre des gens nus.
Ces images donnent une vision optimiste du foyer, elles sont le témoin
qu’une vie commune est possible. Dans ce travail, j’ai d’une certaine manière
fabriqué une famille idéale comme j’aurais pu le faire en dessin dans une illustration.
Mais le dessin n’aurait jamais provoqué ce glissement.
